Livres de voyage pour escale au bout du monde
Les trésors de la mer Rouge
Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède
Dans la nuit et le vent
Le lotus bleu
Sur la route
Malaisie
Livres de voyage pour escale au bout du monde
Les trésors de la mer Rouge
Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède
Dans la nuit et le vent
Le lotus bleu
Sur la route
Malaisie

Sélection de livres de voyage pour escale au bout du monde


Et si cette fois-ci vous choisissiez un livre dont le pitch se déroule sur les terres de votre voyage ? Connaître l'histoire de sa destination pour mieux découvrir le présent, c'est la promesse des oeuvres de notre sélection.

Les trésors de la mer Rouge de Romain Gary, éditions Gallimard (2), publié en 1971

Le pitch ? Dans cette édition originale du livre de Romain Gary, l'auteur nous mène de Djibouti au Yémen. Partez à la rencontre de militaires ayant vécu sur place. Ils content leurs années au bout du monde.

Qu'est-ce qu'on y trouve ? Expériences inédites, cultures orientales, Romain Gary a tout à découvrir, y compris lui-même. Il l'avoue, "J'ai erré ainsi pendant trois jours aux abords du Royaume du néant, d'où montait vers moi, aux approches du couchant, une marée mauve, rose et or, et je ne saurai jamais si cette houle de sable qui semblait esquisser vers le ciel des envols aussitôt frappés d'interdit, avait vraiment cette couleur rouge brique ou si c'était le soleil qui mourrait ainsi".

Pourquoi le lire ? De Djibouti au Yémen, Romain Gary sillonne les terres brûlées et hostiles pour en rapporter un témoignage d'une rare force. "Les trésors que j'ai ramenés de là-bas sont immatériels et, lorsque la plume ne s'en saisit pas, ils disparaissent à jamais. Le romancier que je suis, amoureux de ces diamants éphémères, parfois très purs, parfois noirs, mais toujours uniques et bouleversants dans leur mystérieux éclat, est parti à leur recherche vers cette mine de richesse et de pauvreté inépuisable que l'on appelait jadis l'âme humaine".

Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède de Selma Lagerlöf, éditions Perrin (3), publié en 1906

Le pitch ? Ce roman suédois est initialement commandé à Selma Lagerlöf pour faire découvrir la Suède aux écoliers de façon ludique. Pourtant, il devient un incontournable de la littérature, tous âges confondus. L'auteure y recueille des anecdotes locales et des légendes tout en se mettant en scène, malicieusement.

Qu'est-ce qu'on y trouve ? 45 chapitres pour découvrir la culture et le quotidien de ce pays scandinave. Ici, la Suède est vue à travers les yeux d'un petit garçon. Il ne pense qu'à manger, dormir et jouer de mauvais tours. Un jour, ses parents s'absentent et un lutin lui rend visite. Il le rétrécit et lui donne la capacité de parler avec les animaux. Parti pour traverser la Suède, il visite chacune des provinces. L'ambiance est y est poétique, "Il y a des précipices taillés dans la falaise, et des pics noirs polis sous les coups de fouet incessants du vent. Il y a des colonnes isolées qui surgissent de l'eau, et de sombres cavernes aux entrées étroites. Il y a des escarpements verticaux et nus, et de douces pentes envahies par la végétation".

Pourquoi le lire ? Traduit du suédois, il est possible de se procurer ce succès populaire mondial en français. Lacs, montagnes, îles, faune, flore, météo, tout y est indiqué. Hymne à la nature et plaidoyer pour sa préservation, tout en étant un véritable roman d'aventure, il reflète parfaitement la réflexion sur la place de l'homme dans le pays. Un livre à lire avant de partir et à garder lors de vos aventures sur le sol suédois !

Dans la nuit et le vent de Patrick Leigh Fermor, éditions Nevicata (4), publié en 2014

Le pitch ? Décembre 1933. Patrick Leigh Fermor quitte l'Angleterre pour une traversée à pieds jusqu'à Constantinople. Ce sera l'histoire de sa vie, qu'il relatera en trois tomes (réunis en un seul livre, ici). Tous sont immédiatement acclamés et reconnus comme trois chefs-d'oeuvre.

Qu'est-ce qu'on y trouve ? Le narrateur, un jeune homme, alterne descriptions érudites, récits de rencontre et chroniques mondaines. S'inspirant de ses notes de l'époque (50 ans auparavant), c'est un homme mature qui prend du recul pour les mettre en perspective. "J'avais prévu de mener la vie d'un vagabond [...] de dormir dans les fossés ou sur les meules et de ne frayer qu'avec les oiseaux de ce plumage, mais je flânais de château en château et sirotais du tokay dans des gobelets de cristal taillé [...]", reconnaît-il avec humour.

Pourquoi le lire ? Le charme du livre vient de sa multitude de destinations. Fasciné par les fabuleux paysages qu'il croise, Fermor raconte les plaines, les steppes ou la puissance du Danube. Il fait aussi parler les pauvres, riches, engagés politiquement ou pas. Il décrit ainsi les aristocrates de la bonne société de Bucarest : "Ce qui distinguait ces personnes, alors et plus tard, du reste de l'Europe aristocratique éprise de plaisir, c'était leur refus du philistinisme : une passion exigeante de l'érudition pour elle-même, pour la littérature, la peinture, la musique, la sculpture et la vie des idées qui transforma leurs intérieurs en repaires d'académiciens."


Les aventures de Tintin, Le Lotus Bleu d'Hergé, éditions Casterman (5), publié en 1936

Le pitch ? Cinquième album des bandes-dessinées des aventures de Tintin, l'album fait suite à l'album "Les cigares du pharaon". Ici, Tintin doit partir à Shanghaï. Il s'est engagé à démanteler le trafic d'opium international qui sévit dans ce pays mythique mais dont il ignore tout. Le voyage se révèlera plein de péripéties, entre rencontres, amitiés et séjour en prison.

Qu'est-ce qu'on y trouve ? Un Tintin, éternel aventurier qui n'hésite pas à se rendre en Chine sur les traces du mystérieux Mitsuhirato. C'est dans "Le Lotus Bleu" que le reporter rencontre Tchang, qui deviendra son ami et réapparaîtra dans plusieurs albums. D'ailleurs, Tchang est inspiré d'un ami de Hergé. Tous deux ayant élaboré l'histoire, au plus près du réel.

Pourquoi le lire ? Publié en 1936, l'album est certainement le plus proche de l'actualité de l'époque, par souci de pragmatisme. Hergé y fait clairement allusion à l'incident de Mudken, prétexte à l'invasion japonaise de la Mandchourie et prélude à la terrible guerre sino-japonaise de 1937. Avec "Le Lotus Bleu", Hergé marque un tournant et prouve qu'il a compris l'intérêt de se documenter avant de rédiger une histoire traitant d'un autre pays que le sien. Si le texte comporte un intérêt tout particulier pour ceux cherchant à se documenter sur la Chine, les dessins le sont tout autant. Graphiquement, Hergé se surpasse. Les illustrations reflètent l'ambiance et l'esthétique du pays.


Sur la route de Jack Kerouac, éditions Gallimard (6), publié en 1957

Le pitch ? Le roman relate de façon quasi-autobiographique l'histoire vécue par Jack Kerouac (Sal Paradise dans le livre) et son compagnon sur les routes des Etats-Unis. Tous deux, en révolte contre l'hypocrisie morale de l'Amérique bien-pensante, partent en voiture... en quête d'un nouveau mode de vie.

Qu'est-ce qu'on y trouve ? L'histoire de deux amis, en route pour la Californie, à la recherche d'un idéal de vie introuvable sur leur lieu de départ, la ville de New York. Kerouac relate à la perfection le rythme de vie de la Beat Generation (mouvement littéraire et artistique inspiré de la contre-culture dans les années 1650). Ici, inutile de guetter une histoire de suspens ou une fin dramatique. Non, l'auteur relate les faits tels qu'ils furent vécus. Certaines descriptions sont toujours valables aujourd'hui, le New York d'il y a 60 ans ressemblant étrangement à l'actuel.

Pourquoi le lire ? Pour ce récit spontané de la vie sur la route. "Quelque part sur le chemin, je savais qu'il y aurait des filles, des visions, tout, quoi ; quelque part sur le chemin, on me tendrait la perle rare", c'est ce qui motivera Jack Kerouac à prendre la route. Sa conquête de l'Ouest est celle d'une jeunesse exaltée, à la fureur de vivre et d'expérimenter. Ne rêvez plus de prendre la route, prenez-la de motel en motel, avec "Sur la route" dans les mains !

Malaisie d'Henri Fauconnier, éditions Fayard (7), publié en 1930

Le pitch ? Henri Fauconnier n'est pas voué à écrire sur son séjour en Malaisie. Venu en 1905 dans ce pays d'Asie pour apprendre son métier de planteur dans une exploitation de caoutchouc, il s'est révélé écrivain. Il gagnera même le Goncourt en 1930 avec cette oeuvre. Une belle façon d'explorer la Malaisie par la lecture.

Qu'est-ce qu'on y trouve ? Roman autobiographique, "Malaisie" relate l'histoire et la rencontre d'Henri Fauconnier avec ce pays dont il ne sait rien. Rapidement en osmose avec ces terres, il ne sortira pas indemne de cette expérience dans la Malaisie du début du 20e siècle. Descriptions poétiques de la forêt tropicale, rencontre avec les Malais, le Français fait de son voyage une initiation. Il découvre le quotidien de personnes à la culture très éloignée de la sienne. Un choc bénéfique et un pays dont l'auteur tombera amoureux. Comme il l'affirme si justement dans son livre : "Toute destinée est une suite d'accidents à retardement avec le coup de grâce au bout".

Pourquoi le lire ? L'écriture, entre plages et jungles, transporte dans des paysages variés dont les habitants sont particulièrement abordables. Dès le début de la lecture, il est évident qu'Henri Fauconnier sortira transformé de son expérience en Malaisie coloniale. Fièvre, folie, fantômes se relayent dans une histoire vécue et magnifiquement décrite. L'analyse de l'âme des Malais donne accès à une introduction fascinante sur le pays. Au début de chaque chapitre, quelques lignes d'un poème malais décrivent la situation et donnent accès à cette culture, venue du bout du monde.

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